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    Le MACBA vient d'inaugurer la magnifique exposition de Francesc Torres : Da Capo à voir du 6 juin au 28 septembre 2008.


    L'artiste est l'un des pionniers de l'art de l'installation et son travail est une critique questionnant le monde politique, la culture, la mémoire et le pouvoir. Il utilise divers matériaux, en fonction des sujets qu'il traite, comme le dessin, l'installation, la lithographie, la sculpture et la photographie.
    Là où je veux en venir, concernant notre sujet du style documentaire en photographie, c'est que l'une des dernières pièces que l'artiste proposée dans cette exposition utilise la photographie documentaire. En tout cas, on peut l'y rapprocher.

    Oscura es la habitación donde dormimos (2007).

    La présentation de cette oeuvre est assez intéressante compte tenu du contexte de la démarche de l'artiste. Celui-ci n'est pas photographe de formation et utilise la photographie comme un des outils de sa palette. Francesc Torres, décide donc, d'utiliser la photographie sous sa forme documentaire. Documentaire car il ne s'agit pas d'une mise en scène du sujet photographié, mais d'une sorte d'accompagnement d'un événement réel.
    Les photographies en noir et blanc donnent à voir les fouilles archéologiques d'un cimetière particulier. Il s'agit de fausses communes creusées durant le franquisme dans lesquels les cadavres des opposants au pouvoir étaient jetés anonymement après avoir été fusillés.
    Les photographies, malgré une tentative de détachement par rapport au sujet, donnent un sentiment étrange assez dramatique. On peut en trouver la cause dans la présentation des photographies dont le cheminement laisse le spectateur entrer progressivement et mystérieusement dans cette histoire tragique.
    L'artiste use du découpage et de la recomposition des photographies pour ajouter du sens à la photographie. Il y ajoute des objets ayant appartenu aux victimes, trouvés durant les fouilles. Il s'agit bien ici d'une installation dont la photographie en est le principal outil. D'ailleurs le titre de l'œuvre peut interroger aussi : « la habitación obscura », la chambre obscure y est mentionnée implicitement et donne à réfléchir sur l'utilisation de ce médium pour témoigner d'un tel événement. Est-ce une forme passive que de photographier une histoire passée ? Il faudrait interroger l'artiste pour être certain de son intention réelle à travers ce titre...Mais laissons cela de côté pour le moment. Posons-nous d'autres questions...

    Comment pouvons-nous interroger cette pièce aux vues de notre sujet ? Nous avons affaire à une installation au style documentaire, mais peut-on dire qu'il s'agit de photographies documentaires. Un style peut-il être l'essence même d'une photographie documentaire ? Y a-t-il une photographie documentaire et un style documentaire ? A étudier...


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