• aff_hybride-4.pdf

     

    La notion d’hybridité est devenue une notion clé qui permet de redéfinir les enjeux d’une mondialisation autrement synonyme d’uniformisation et d’ho- mogénéisation. À l’ère du «réseau planétaire», du croisement des cultures, il s’agira de la considérer non sous l’angle d’un simple métissage, mais bien comme une force agissante. L’hybridation, qu’elle soit envisagée dans ses usages intertextuels, culturels, écologiques ou technologiques s’inscrit tou- jours dans une visée de déconstruction des dispositifs de domination et des configurations contraignantes d’un monde univoque.

    Hybridité et hybridation suscitent de ce fait un intérêt croissant dans des do- maines d’études variés (arts plastiques, littérature, cinéma, histoire de l’art, philosophie) dont elles rendent les frontières poreuses. L’objectif principal de cette journée d’étude sera donc d’explorer la notion du point de vue du décloisonnement des genres et des disciplines. Cette perspective rendra compte aussi bien des processus divers de configuration de l’hybride que de la pluralité des domaines visés. Elle donnera l’occasion de réunir des doc- torants issus de spécialités et d’horizons divers.

    Lecture, vidéo, photographie, musique.

    Cette année, la journée d’étude sera accompagnée de créations artistiques conçues par plusieurs doctorants de LLA-CRÉATIS et qui ponctueront le dé- roulement de la journée. Il s’agira, pour certains, de travaux réalisés dans le cadre de leur thèse, liant pratique artistique et théorie ; et pour d’au- tres d’une expérience de mise en commun de pratiques éparses mises en œuvre pour l’occasion. Ainsi, Damien Beyrouthy invite à voir, au-delà des apparences, ces corps codés, décodés et encodés à nouveau dans son ins- tallation vidéo. Les mises en scène en forme de polyptyques pho- tographiques d’Anne-Line Bessou opèrent une étrange sensation de vide et d’absence liés au monde du travail et à sa forme alié- nante. La lecture d’Anicet M’besso et d’Aurélie Dinh Van des Neuf Consciences du Malfini, de Patrick Chamoiseau, transpose l’auditeur dans cette conscience de la diversité à travers le témoignage conté d’un oiseau. Sans doute retrouverons-nous des bribes de ce chant d’oiseau dans les notes à la flûte traversière d’Adeline Stervinou.

    Avec les propositions artistiques d’Anne- Line Bessou, Damien Beyrouthy, Au- rélie Dinh Van, Anicet M’Besso, Adeline Stervinou

     

    Comité scientifique:

    - Christine Buignet (PR Arts plastiques)

    - Claire Spooner (doctorante en Espagnol)

    - Gael Tissot (doctorant en Musicologie)

    - Jesus Aguila (PR Musicologie)

    - Gérard Langlade (PR Langue et Littérature)

    - Guy Larroux (PR Littérature)

    Comité d’organisation:

    - Anne-Line Bessou, doctorante en Arts Plastiques

    - Natacha Détré, doctorante en Arts et Sciences de l'Art

    - Marine Duffau, doctorante en Arts du spectacle - Anicet M’besso, doctorant en Lettres Modernes

    - Aurélie Dinh Van, doctorante en Lettres Modernes

    Contact:

    marine.duffau@gmail.com natacha.detre@gmail.com

    Le comité d’organisation tient à remercier particulièrement Souad Behri, Jessica Lessinger et Arnaud Rykner.

     

     


    votre commentaire
  • Notes diverses au sujet de l'entretien :

    Derrida : toute pensée philosophique passe par une pensée biographique. « Les mémoires d’aveugle ».

    Voir c’est écrire son admiration pour des images qui ont été créées par d’autres. De la même manière que lire, c’est marquer son admiration pour d’autres auteurs.

    Mais on ne peut pas savoir et transmettre ce qui force l’admiration sans en passer par l’enfance. Référence à W. Benjamin (L’enfance à ??) où il crée un Atlas des images de son enfance qui devient un appareil conceptuel et un appareil de lecture. Ex. : le passage de la boîte de lecture. Nous écrivons dans l’idée de survivance des appareils de notre enfance. Car quand on est enfant, on invente des appareils. La nostalgie de Benjamin pour ces appareils est intéressante car elle se prolonge dans sa vie d’adulte et il s’en serre en tant que méthode pour écrire. État de grâce perdu, mais survivance dans la méthode.

    À propos de la bibliothèque de Warburg : La constitution des boîtes est un jeu du savoir, jeu des pensées.

    Le classement de livres est une cartographie des problèmes que l’on se pose sur le moment. Donc c’est une classification qui peut évoluer.

    Les Larmes d’Eros de Bataille.

    Importance des images dans les livres. GDH remonte aux souvenirs de son enfance Ce qui l’attirait dans les livres, c’était les images. C’est toujours ce qui l’attire aujourd’hui.

    À propos du travail à la table, de l’établit. Lorsqu’il lit, il extirpe des idées qu’il répartis sur la table. Ainsi, il peut revenir vers les idées. La table permet de rouvrir les yeux une seconde fois sur la lecture. C’est là qu’interviennent les boîtes de lecture, les fiches. C’est ce qui se passe dans les gravures de Goya et chez Warburg. Lire c’est lier. C’est relier le délire. C’est réapprendre à voir. C’est reconstruire le chaos.

    La table est une table de montage.

    Foucault : l’archéologie du savoir

    Freud : L’interprétation des rêves

    GDH travaille avec des fiches sur lesquelles il écrit des extraits de lecture, des idées, des résumés. Il les assemble ensuite en paquets et c’est le montage de ces paquets qui forme le plan de ses livres.

    Benjamin : concept de lisibilité : Livre des passages

    Lire ce qui n’a jamais été écrit. Ce type de lecture est le plus ancien. C’est être capable de lire dans les étoiles, lire dans les plantes, etc. C’est exactement ce qu’a fait Warburg dans son Atlas. L’image est un opérateur de la lisibilité.


    votre commentaire
  • © Image Alain Josseau, Florence Ressier, Sigfried Bauer

     

    Artistes présentés :

    Hélène Bouju, Boo Chapple, Alain Josseau, Cathrine Kramer, Valérie Legembre, Ludwig, Zoe Papadopoulou, Michel Paysant, Chris Robinson, Christophe Ruetsch, Grit Rulhand, Alessandro Scali, Paul Thomas et Kevin Raxworthy

    Conçu volontairement selon les codes scénographiques d’une exposition artistique, Images & mirages @ nanosciences se voulait ouverte aux croisements des disciplines et des expériences afin de révéler les différentes utilisations de l’image propre aux nanosciences. Travailler l’image implique différentes possibilités selon le point de vue que l’on se donne. La curiosité, la manipulation et l’expérimentation sont intrinsèquement liées au travail des artistes tout comme celui du scientifique, mais l’esthétique des deux diffère. Ainsi, Boo Chapple (Transjuicer B, 2010) étudie les vibrations mézoélectriques d’os de vache. Son mode de diffusion fait interagir les images vidéographiques des vaches en pleine nature avec le son obtenu par les vibrations, de sorte que l’on ne sait plus s’il s’agit d’une expérimentation scientifique ou d’un prétexte artistique. Valérie Legembre (EXEO, 2010) s’introduit dans l’univers très fermé du CEA de Grenoble. En imprimant ses photographies documentaires sur ses peaux de photos - technique d’impression photographique inventée par l’artiste sur un support aussi malléable qu’un tissu de peau – elle révèle au public l’aspect humain de ces laboratoires qui alimentent souvent l’imaginaire collectif. L’image de synthèse interactive, que nous proposent Paul Thomas et Kevin Raxworthy (Nanoessence, 2009), nous introduit à l’intérieur d’une cellule de peau, figée entre la vie et la mort. Manipuler cette installation nous renvoie métaphoriquement à faire opérer la main de Dieu sur les éléments et décider de la vie ou de la mort sur les choses. Par là les artistes entendent interroger le rôle du scientifique au vu des nouvelles possibilités qu’offrent les nanosciences. Le Cloud Project de Cathrine Kramer et de Zoe Papadopoulou permet de révéler les réticences de la population vis-à-vis des avancées scientifiques. En investissant un ancien camion à glace, en le rendant attrayant avec des couleurs douces et en revêtant le costume volontairement exagéré du chercheur, elles déambulent dans les rues de Londres proposant à la vente des glaces de prime abord attrayantes, mais au slogan provoquant l’interrogation. Manger des glaces de nuages réalisées à partir de nano particules a effectivement de quoi rendre perplexe, mais ce dispositif permet d’entamer un dialogue fertile avec un public perdu entre le pour et le contre d’éléments qu’il ne maîtrise pas. Cette crainte que véhiculent les nanosciences porte essentiellement sur le développement des nanotechnologies dans les champs d’application militaire. Alain Josseau (Al-Amin, Al-Thaniyah district (collateral murder). coordonnées : 33°18’48.52’’ N, 44°30’43.17’’ E., 2010) réfléchit sur le décalage entre les possibilités limitées de la rétine humaine et les performances offertes par les nouvelles technologies développées par l’armée. Il propose un dispositif permettant d’observer le rapport d’échelle qui se joue entre ce que l’on voit réellement et ce qui est enregistré par la caméra. Ainsi, à travers une micro-gravure filmée et retransmise en direct sur l’écran, il décrypte cette polémique où des militaires américains qui ont tué par erreur des journalistes en Irak. L’artiste ne cache pas son admiration pour ces outils permettant de recomposer une image à partir de systèmes de captation issus des nouvelles technologies, mais il n’hésite pas non plus à en critiquer les travers, car quelque soit la subtilité des outils utilisés, la possibilité de voir l’invisible est toujours soumise à l’arbitrage humain. Voir l’invisible, c’est ouvrir la porte à un monde nouveau régi par des règles différentes. Ainsi la matière à l’échelle nanométrique réagit différemment aux forces de l’apesanteur. Christophe Ruetsch et Hélène Bouju (VDW, 2010) explorent ce décalage en transcrivant les forces de Van der Waals dans le langage chorégraphique et musical. Le corps ainsi transposé à une échelle nanométrique est pris dans l’impossibilité de bouger normalement. La danseuse se voit alors obligée d’adapter ses mouvements à son nouvel environnement. Cet environnement est l’objet de tous les fantasmes pour les artistes qui y découvrent de nouvelles formes. Chris Robinson (EE2, MaineGrid, MaineGrid2, MaineBarSm, Fluor) en fait le terrain privilégié de ses dessins numériques dans lesquels la matière et les éléments forment des paysages lyriques et imaginaires. S’appropriant volontiers les icônes des nanosciences, la fameuse image de Don Eigler devient le terrain privilégié d’un monde colonisé par l’homme. Imaginons maintenant l’homme réduit à l’échelle nanométrique et reprenons la phrase célèbre : « un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ». Alessandro Scali (Beyond the pillars of Hercules, 2006) recrée poétiquement ces petits pas à l’échelle nano, mais à une si petite échelle, le travail devient colossal, d’où la référence dans le titre de son œuvre aux colonnes d’Hercules. Michel Paysant (OnLAB, 2010) se joue des images et de leur reproduction à des échelles allant du macro au nano. Ses plans de villes antiques issus de gravures sélectionnés dans les collections du Musée du Louvre, sont ici reproduits en micro-sculptures, puis en nanolithographie et ensuite associés à leur vue satellitaire via Google Earth. Quelle représentation est-elle plus proche de la réalité? Cette question, centrale dans son travail, résonne également pour la diffusion des images scientifiques dans la presse. Que montrent-elles finalement ? Et que voit-on dans l’oeuvre de Grit Rulhand (Pantoffel für Pantoffeltierchen, 2007)? Jouant du nom allemand pour désigner la paramécie : « Pantofells », du fait de sa ressemblance avec une pantoufle, l’artiste interroge notre rapport à ce monde invisible et à la tendance très humaine de tout transposer à l’échelle du monde palpable. C’est d’ailleurs ce que fait Ludwig (Quantic Fireflies, 2010) en permettant au public de se projeter dans un champ ouvert de matière lumineuse travaillée selon les principes de la physique quantique, parcourue d’ondes, d’interférences, de flashes et d’éclairs.

    Toutes ces propositions se jouent des codes artistiques et scientifiques de l’image. L’intervention des artistes décale nos positions habituelles influencées par nos préconçus au sujet des nanosciences.

     

    Responsable de l’exposition : Christian Satgé

    Chargée de production : Natacha Détré

     

    Images & mirages @ nanosciences

    Du 8 au 16 décembre 2011

    À La Fabrique, Université Toulouse-2 Le Mirail

     

     


    votre commentaire
  • Enfin de la réflexion et du mouvement artistique à Toulouse !!!

    Organisé par le laboratoire LLA (Lettres, Langues et Arts) de l'Université de Toulouse le Mirail, cet événement promet de belles expériences dans le domaine de l'image mise en scène... Trois expositions sont d'ores et déjà visibles au Château d'eau, à l'Espace Ecureuil et la meilleure de toutes à la Fabrique Culturelle de l'Université du Mirail (Edouard Levé et Frédéric Nauczyciel, celui-ci avait déjà étonné au Festival de photographie de Lectoure).

    Le Colloque, quant à lui, propose de réfléchir sur cette pratique récurrente dans l'histoire de l'art, du tableau vivant et de l'image mise en scène. À ce sujet, Jean-Max Colard nous avait organisé une soirée étonnante au Musée des Augustins au mois d’octobre 2009 dans le cadre du Festival d’art contemporain de Toulouse, Le Printemps de Septembre.

    Et pour ajouter une touche personnelle au sujet, notons le très beau travail de Butz & Fouque qui présentaient cet été leurs photographies "kitch bonbons" dans une ancienne épicerie de l’AFIAC…

    À suivre donc les résumés du colloque très prochainement...

    La Fabrique culturelle, Métro Le Mirail, Université Toulouse Le Mirail

    Les 18, 19 et 20 mars 2010

    © Images : Frédéric Nauczyciel, Natacha Détré, Butz & Fouque

     


    votre commentaire
  • La journée d'étude à l'Université Rennes 2 : L'image à la puissance image : Images et pratiques artistiques contemporaines, organisée par la revue 2.0.1

    Face au constat de la prolifération exponentielle des images, les artistes ont toujours développé des stratégies artistiques répondant aux diverses mutations opérées dans le champ de l’art, de la société et de la technologie. Qu'elles interrogent la singularité de l'oeuvre au regard de sa reproductibilité, qu'elles s'approprient les images précaires, publicitaires, artistiques ou encore qu'elles archivent ou manipulent ces milliards d'images circulant dans le flux du visible, ces démarchent nous orientent toutes dans des interrogations discursives particulières.

    Les intervenants invités explorent chacun l’une des nombreuses interrogation liée à cette image à la puissance image.

    Saluons l’intervention de Raphaël Pirenne, chargé de recherche à l’Université Catholique de Louvain, à propos de l’œuvre « Artist’s Choice » de John Baldessari. Bref résumé : Dans ce projet, l’artiste choisit de mettre en avant les collections de photographies du MOMA dont il est invité, afin de proposer une autre lecture de l’histoire de l’art en réseau. À travers des collages, recadrage et réduction, ces photographies passent du statut d’icône à celui d’image fragmentaire. L’autonomie de l’art est ici mise en crise car les détails trouvent sens dans le contexte de cette nouvelle œuvre, mais aussi parce que la création d’une sérialité demande de prendre en considération l’entre deux de l’image. Cet entre-deux vient bouleverser la compréhension de l’image. Baldessari remet en cause cette autonomie car la dimension syntaxique entre en jeu.

    Saluons également celle de Garance Chabert et d’Aurélien Mole, critiques d’art et commissaires d’exposition, qui ont proposé une figure de l’artiste en iconographe. Bref résumé : En étudiant les collectes d’images dans les démarches artistiques, ils proposent le terme d’iconographe pour les nommer. L’iconographie apparaît avec Aby Warburg en tant que méthode de connaissance historique nouvelle constituée de planches d’images.

    Ils inventorient 3 types de stratégies de l’artiste iconographe :

    - celle de l’artiste monteur. Il s’agit des photos collages (les Surréalistes)

    - celle de l’artiste archiviste opérant essentiellement dans les années 60-70 (Sherrie Levine, Hans Peter Feldman, Christian Boltanski, etc.), ils utilisent les mêmes images démultipliées dans le flux des images. Les appropriationnistes travaillent dans un rapport postmoderniste et interrogent les rapports de l’image à sa singularité et à son auteur.

    - celle de l’artiste astronome créateur de constellation d’images (Aurélien Froment, Documentation Céline Duval, etc.). La constellation est la manière de circuler à travers les images de différentes provenances et de temporalités. Cette manière d’appréhender les images correspond à la pensée rhizomatique de l’Internet dans le sens où la logique du surfeur réfute la hiérarchie. L’association des images provoque une nouvelle forme de poésie visuelle à travers un procédé souvent ludique.

    Saluons la performance détonante d’Eric Wattier alliant phrases lapidaires et images vernaculaires collectées dans des annonces immobilières trouvées sur Internet.

    La revue 2.0.1 publie pour l’occasion son numéro 3 consacré aux pratiques de l’image. Pour plus d’information : http://www.revue-2-0-1.net/

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique