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    Courtesy: Solomon R. Guggenheim Museum, New York
    © Robert Smithson

    En 1969, Robert Smithson voyage dans le Yucatan au Mexique et se sent attiré par cet hôtel à la fois en pleine construction, déstructuration et rénovation. Le paradoxe va le pousser à s'en servir au cours d'un séminaire d'architecture à l'Université de l'Utah en 1972 pour montrer la "Dé-architecturalisation" d'un lieu.

    Présenté au départ comme un slide show de 31 diapositives alimenté de son discours et aujourd'hui présenté dans une installation avec projection, l'oeuvre présente un arrêt sur image d'une architecture en pleine mutation et paradoxalement il est difficile de savoir de la construction ou de la destruction de cet hôtel il est question. Dans quelle temporalité nous trouvons nous ? Depuis combien de temps le bâtiment est-il commencé ? A t-il recommencé d'autres fois ?

    Ce qui me semble intéressant ici par rapport à notre recherche sur la photographie documentaire, c'est l'usage qu'en fait l'artiste et ce qu'il nous montre. La photographie n'a pas été réalisée dans un but artistique. Il l'utilise pour une conférence et nécessite un discours pour prendre toute sa cohérence. Les images nous montrent un bâtiment, d'apparence en abandon, mais Smithson nous révèle à travers elles, une autre réalité. Celle-ci est invisible, impossible à photographier, c'est cet temporalité paradoxale. Le lieu est inachevé et nous ne pouvons savoir à quel endroit de sa temporalité il se situe. Il semble fixé dans son inachèvement.

    Quelle valeur documentaire peut-on en tirer ? Les photographies possèdent bien une valeur documentaire implicite, mais où peut-on la situer ? Photo d'art, photo document ? Que nous révèle sa présentation ?


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